Jasmine Yotchoum : “ J’ai gagné dix ans de maturité en deux ans ”

Interview décalée avec Jasmine Yotchoum, pivot, internationale de handball féminin du Cameroun, en stage avec la sélection nationale en vue de la CAN prévue du 2 au 12 décembre 2018 au Congo.

Raccourci

Age : 24 ans

Taille : 186 cm

Poids : 87 kg

Poste : Pivot

Main : Droite

Parents : Nathalie Bami (mère) et Antoine Tatienou (père, de regrettée mémoire)

Etudes : –

Clubs : FAP de Yaoundé, Black ans White, Espérance Sportive,Craba handball

Palmarès : Palmarès en club : plusieurs fois vice-championnes  du Championnat d’Afrique des clubs vainqueurs de coupes, à la Championnat de club

Plusieurs fois médaillé de bronze à la coupe des vainqueurs de coupe, médaillée de bronze Jeux de la Solidarité Islamique, médaillée d’argent aux Jeux africains, médaillée de Bronze à la CAN 2016

 

La première fois que tu touches une balle de handball c’était quand ?

La première fois était à m’inauguration d’un stade construit dans mon quartier, Nkomkana à Yaoundé en 2008. J’avais fait un pari avec mes amis, j’ai enfilé une tennis, je suis allée jouer et c’est ainsi que tout est né entre le handball et moi.

Ta première fois en équipe nationale ?

J’étais été convoquée la première en équipe nationale en 2014, lors des préparatifs de la CAN,  Algérie 2014. J’étais toute excitée à l’idée de rejoindre l’équipe. Paradoxalement j’avais aussi une certaine frousse qui m’envahissait. Après, avec les aînées trouvées en sélection, j’ai été très bien intégrée.

Joueur ou joueuse avec lequel tu rêverais de jouer ?

C’est une joueuse pour moi et c’est Allison Pineau. Elle a une très bonne vision de jeu. J’aimerai bien ressentir ce que cela ferait de jouer avec une joueuse de son envergure. C’est un pur talent à son poste.

Si tu étais une autre joueuse qui serais-tu?

Je serais la pivot de l’équipe de France et d’ailleurs la meilleure du moment en France, Laurisa Landre.

C’est quoi ta spéciale sur le terrain ?

C’est le lobe. J’adore

Sur le terrain tu es quel type de machine?

Je suis la joueuse qui donne du spectacle aux supporteurs avec mon jeu.

Quelle est la musique qui te met dans un match?

C’est le coupé décalé et tout ce qui est rythmé, dansant quoi !

Comment tu prépares une rencontre ?

Je prie d’abord ensuite j’écoute la musique. C’est ça qui me met vraiment dans la rencontre.

Ton matériel de voyage ?

Je pars toujours et toujours avec ma a tennis parce que je chausse du 44, assez  grand  pour ne pas souvent trouver des chaussures à ma taille. Si j’oublie ma basket personne ne pourra me prêter la sienne. Après j’ai  toujours mon baffle ou mon casque. Cela me permet de me concentrer.

Ta préparation d’avant match?

J’écoute toujours de la musique avant chaque rencontre pour me permettre d’être concentrée.

Tes chaussures de handball?

Ma chaussure de handball préférée c’est des Adidas. Cette marque fabrique des chaussures très légères et confortables en mon sens.

Ton geste technique préféré ?

C’est le lobe. Je ne saurai l’expliquer mais quand tu le réussis c’est simplement génial.

Celui que tu rates toujours?

Le geste technique que je rate toujours ou que j’esquisse difficilement lors d’une rencontre c’est la roucoulette.

Ton pire souvenir en compétition ?

C’était lors de ma première CAN, en  Algérie en 2014. Nous avons eu, au cours du match contre l’Algérie, trois 7 m dans un intervalle de trois minutes qui ont tous été ratés par les tireuses. Le coach m’a sollicité pour le quatrième 7 m. En entrant sur le stade, le public était en euphorie total. J’avais l’impression d’être dans une boîte de nuit et la musique était fond la caisse. Ça criait de partout. Subitement, j’ai commencé à avoir les paillons dans le ventre. J’ai pris le ballon. En allant tirer, le ballon a rebondi devant la gardienne et a glissé dans le filet de récupération. J’ai failli entrer dans ma chaussette. J’étais mal.

Que détestes-tu dans le handball ?

Je déteste les défaites au handball. Perdre un match te rend malade. On dirait que tu as perdu ton dernier souffle. Tu as l’impression que rien ne compte plus après cet échec.

Qu’aimes-tu ?

(Sourire). J’adore  gagner. La seule chose qui compte quand je joue c’est la victoire, rien que la victoire.

Meilleur conseil qui t’ait été donné ?

Le meilleur conseil qui m’a été donné est de toujours faire mieux que ce que j’ai déjà fait, toujours me remettre en question et travailler dur.

Quand tu étais plus jeune, y avait-il une handballeuse ou un handballeur t’inspirait ?

Quand j’étais plus jeune, plusieurs handballeuses m’ont inspiré dont Adi Dipoko avec qui j’ai eu d’ailleurs la chance de jouer. Cette femme en défense est un cerveau. J’ai aussi été inspirée par des joueuses telles que Marceline Megouem, Hermine Ngo Kaldjop et Abo Yoyo.

Quel pourrait être ton cadeau méga giga génial de cette fin d’année ?

Il n’y a rien d’autre que de remporter la CAN 2018. Au pire des cas, juste se qualifier pour le prochain championnat du monde.

Quand tu ne passes pas tes journées sur les terrains de handball, quel est ton passe-temps ?

Quand je ne suis pas sur un terrain de handball, je passe les soirées devant ma console de jeu ou en famille.

En tant que sportive de haut niveau, tu dois avoir une hygiène de vie irréprochable…

Oui J’ai une bonne hygiène de vie

Ce n’est pas trop dur de restreindre le nombre de sorties ?

Ce n’est pas  du tour dur quand tu sais que pour produire de la performance, tu dois réduire tes sorties et être assez strict Du coup, tu le fait automatiquement

Quels sont les mots que tu utilises le plus envers tes coéquipiers ?

C’est un groupe de mots que j’utilise régulièrement envers mes coéquipières C’est « Quoi me fait » (Rires) Ne me demandez pas pourquoi. C’est ainsi.

Qui recevrait l’Awards de la joueuse de la plus comique parmi tes coéquipières ?

Chez les Lionnes du handball, la joueuse la  plus comique pour moi c’est Nock  avec le groupe Daltongans.

Qui est ton idole de jeunesse ?

Mon idole de jeunesse reste et demeurera Nina Kanto (NDLR: Nina Kamto Njitam), ex-international française d’origine camerounaise.

Un mot pour décrire le staff ?

Bosseur.

Un seul mot pour décrire l’équipe ?

Déterminée.

Ton pire souvenir en compétition ?

Mon pire souvenir en compétition reste cette participation à la CAN 2014 à Alger où nous avons fait une piètre prestation.

Quelle est la différence la joueuse que tu étais en 2016 et celle que tu es devenue en 2018 ?

La différence est que celle de 2018 a gagné en maturité et en générosité. En 2016, j’étais très individualiste, je jouais d’abord pour moi. Tout ce qui comptait était le jeu que je produisais. Si je jouais bien et que l’équipe perdait malgré cela, je me disais j’ai fait mon boulot, j’ai fait mon show. Par contre en 2018, c’est l’équipe d’abord. C’est tout faire pour que l’équipe l’emporte. J’ai appris à me mettre à la disposition du groupe pour qu’au Finish, le collectif gagne. Je suis devenue plus bosseuse, plus concentrée et un peu plus assidue dans le jeu. Je travaille encore sur moi. Mais je peux dire que j’ai pris dix ans de maturité dans le jeu en deux ans.

C’est quoi ta recette du succès ?

Ce n’est qu’à force de travailler que l’on parvient à ce que l’on veut.il faut aussi être discipliné et surpasser ses limites. Il faut toujours se fixer de nouveaux objectifs parce que tant que tu as des objectifs, tu veux à tout prix les réaliser. Donc il faut se fixer des objectifs et bosser dur pour les réaliser.

Ta devise ?

La sueur épargne le sang.

Ton ambition pour cette fin d’année ?

Je souhaite passer des fêtes joueuses avec ma famille dans la paix, la santé. Ma famille est au-dessus de tout. Le bien être de mes proches aussi.

Entretien mené par Angèle BEPEDE

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