Championnat Monde (F) Interview : « Nous allons en Pologne pour les fixations »

Jean-Marie Zambo, sélectionneur des Lionnes du handball depuis 2014, parle du stage en Pologne et de la liste des joueuses retenues pour cette dernière phase de préparation avant le championnat du monde du 1er au 17 décembre en Allemagne.

 

Quels ont été les éléments qui ont motivé le choix des joueuses qui vont en Pologne pour la dernière phase de préparation ?

Au début du stage entamé le 4  novembre à Yaoundé, nous avons pu évaluer les joueuses sur les plans physiques, techniques et tactiques. C’est tout cela qui concoure à la sélection. Cela veut dire qu’en général, il fallait retenir les joueuses athlétiques, qui adhèrent facilement à notre philosophie. Qui est physique ? Qui est compétitive ? Qui épouse facilement la philosophie de jeu qui pratique une défense légèrement montée, mais suffisamment agressive autour de la porteuse du ballon adverse ?  Nous travaillons avec un noyau dur auquel nous greffons de nouvelles joueuses pour préparer des échéances. A ce championnat du monde, nous allons avec des jeunes que vous retrouvez à la prochaine CAN. La moyenne d’âge baisse considérablement d’année en année. Nous  résolvons de plus en plus ce problème de morphotype. Nous recrutons des joueuses grandes de taille, athlétiques, puissantes, qui peuvent bien manipuler le ballon et sauter. Cela veut dire que l’on retrouvera de moins en moins des joueuses petites de taille. Nous voulons un groupe fort, puissant, combatif, qui peut bien manipuler le ballon. Ne restent donc que dans cette équipe, les joueuses qui ont épousé la philosophie de jeu de la sélection. Nous devons créer des écoles de formation. Je crois que la fédération est entrain de résoudre ce problème en les créant. Que les joueuses ne viennent plus apprendre à manipuler le ballon en équipe nationale.

Vous avez disputé une série de matchs d’évaluation… Au moment où vous quittez le Cameroun, êtes vous satisfait du travail effectué à Yaoundé où vous avez pu expérimenter, comme toutes les 23 autres nations qualifiées à ce Mondial, le ballon de la compétition ?

En 2014, à l’avant dernière CAN, ma première CAN avec cette sélection, le Sénégal et la RDC nous ont battus parce que nous ne savions pas utilisé un ballon imbibé de résine. Nous l’avions découvert pendant la compétition. Les joueuses qui sont souvent des puissantes tireuses, n’y arrivaient pas parce qu’elles ne savaient pas manipuler le ballon parce que dans notre championnat, nous n’utilisons pas beaucoup de résine. Aujourd’hui, la Fédération internationale a changé la donne en mettant en compétition un ballon qui colle presque à la main. . Mais, il ne faut pas se focaliser sur le matériel même si avec ce ballon, les joueuses n’ont pas de problème de mobilité. Nous avons  essayé pendant ce regroupement, ce ballon du championnat du monde qui nous a créé moins de problèmes en termes de passes, de tirs, de manipulation générale. Jouer sans résine est une autre culture qu’il faut développer dans notre championnat. Nous avons travaillons sur le physique des joueuses, la tactique de jeu, les clubs camerounais pratiquent beaucoup plus la défense alignée. Nous sommes satisfaits du travail effectué et du ballon de la compétition. Les filles ont couru, sont allés chercher les ballons plus loin, ont fait des changements, des croisements et ont bien réagi en défense.

 

« Nous serons aussi en Pologne pour l’acclimatation », Jean-Marie Zambo, sélectionneur des Lionnes du handball.

 

Cette préparation a été animée par une période de haut stress liée aux difficultés d’obtention de visa d’entrée en Allemagne par certains membres de l’équipée camerounaise. Comment avez-vous géré cette période de haut stress ?

Cela a été difficile à la fois pour moi et pour les filles. Figurez-vous qu’il n’est pas facile de travailler avec quelqu’un qui est aigri, qui a un problème moral, surtout que dans ce métier, le corps et l’esprit vont ensemble. Une joueuse qui a un problème moral ne peut pas te donner satisfaction. Nous avons géré cette période de stress en mettant sur pied des séances d’entraînement ludiques, qui les poussaient à travailler dans une ambiance conviviale pour éviter de discriminer une joueuses X ou Y. Grâce à cette méthode, nous avons terminé la mise au vert sans joueuse victime de crise cardiaque .Je dis merci à la fédération et à toutes les personnes qui se sont mobilisées dans la résolution de ce malaise.

Vous allez en Pologne pour des tests ou juste améliorer l’ossature de la sélection camerounaise ? Bref, quel sera le contenu de la préparation ?

Nous allons en Pologne pour les fixations à savoir, ôter de notre jeu, tous les déchets énumérés lors de la première partie du stage au Cameroun. Nous allons en Pologne finaliser tous les réglages possibles et voir comment les Camerounaises peuvent se comporter face à des défenses spontanées. La réaction des autres, nous ne pouvons pas l’imaginer, nous allons voir ce que ces équipes peuvent nous présenter comme difficultés et comment nos filles vont résoudre ces problèmes de manière rapide, sans prendre du temps. Nous avons imaginé des scénarii que nous ne voyons pas sur place en termes de style de jeu. En fonction des styles présentés, nous essaierons de voir comment les contourner. C’est autant de choses que nous allons rechercher en Pologne. Nous voulons pouvoir emmener les adversaires à reculer, réaliser des attaques placées. Pour cela, il faut que la circulation du ballon soit rapide. Les joueuses ne devront pas avoir un comportement figé. On doit réagir en fonction de l’attitude de chacun de nos adversaires de groupe. Il faudra chercher les ouverture set aller au but. En terme de défense, nous devrons emmener l’adversaire à perdre facilement le ballon ou à ne pas se mouvoir aisément en attaque. Ces éléments doivent être savamment répétés en Pologne avec des matchs amicaux.  Nous allons livrer beaucoup de matchs amicaux pour voir la réaction de nos joueuses. La réaction pendant le temps de jeu voire en fonction de certaines situations de jeu sera déterminante pour faire partie de la sélection finale. Nous y serons aussi pour l’acclimatation.

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