Championnat du Monde féminin: « Nous devrons surmonter deux styles de jeu en Allemagne »

Jean-Marie Zambo, sélectionneur des Lionnes du handball se dit satisfait de la progression, des performances et résultats du groupe qu’il dirige depuis décembre 2013. L’équipe est qualifiée au championnat du monde de handball prévu en Allemagne.

Le Cameroun est qualifié pour un championnat du monde de handball, Allemagne 2017. Vous avez organisé, détaillez-nous ces différentes étapes de la préparation…

Nous avons lancé la série de préparation  le 27 février au 5 mars 2017 avec 25 filles en stage externe. Un deuxième regroupement s’est déroulé du 10 avril au 11 mai avec 22 puis 20 joueuses. Ce stage a été ponctué par la participation de l’équipe aux Jeux de la Solidarité Islamique à Baku en Azerbaïdjan du 12 au 22 mai 2017. Les 12 joueuses présentes y ont ramené une médaille de bronze. Le troisième stage ; organisé du 1er au 15 juillet avec 20 joueuses. Nous devrions aller au Brésil où  nous espérions une série de matchs amicaux avec des équipes de qualité mais cela n’a pas été possible. Pour éviter d’endormir les muscles, les joueuses se sont réunies au cours d’un quatrième regroupement du 31 août au 10 septembre avec 20 filles qui ont pu disputer trois matchs. Nous espérons un mini stage du 13 au 15 octobre avec les 20 dernières joueuses pour maintenir ce que nous avons comme acquis dans les organisations collectives en attaque comme en défense. Après, il faudra libérer les joueuses. Surtout celles qui iront participer au championnat d’Afrique des clubs champions en Tunisie.

Le dernier stage qui doit commencer au Cameroun dès le 1er novembre jusqu’au départ pour la Pologne va regrouper d’abord 20 filles. Nous retiendrons 18 pour la mise au vert en Pologne avant la liste des 16 joueuses qui participeront à ce mondial. Il faut comprendre que, depuis notre qualification à ce mondial, nous avons déposé à la Direction technique nationale un programme de préparation autour de cinq regroupements étalés sur l’année entre janvier et novembre. Ce programme prévoyait trois stages au Cameroun et deux à l’étranger. Jusqu’ici, nous tenons les filles. Nous essayons de travailler encore et toujours. Une préparation est envisagée en Pologne.

La mise au vert prend t-elle en compte la diversité des adversaires que le Cameroun rencontrera ?

Après le tirage au sort, j’ai fait une analyse de jeu des équipes de la poule du Cameroun composée de l’Allemagne, la Chine, la Corée du Sud, la Hollande et la Serbie. Ces adversaires sont regroupés en fonction de leurs styles de jeu qui constituent deux grands champs. L’Allemagne, la Hollande et la Serbie jouent avec des filles grandes de taille et qui shootent fort à distance. Ces trois équipes pratiquent généralement une défense alignée. Donc, nous prenons cela en compte dans notre préparation. La Corée et la Chine préfèrent une défense un peu ouverte en 2-4 ou 1-5. C’est une défense agressive comme la nôtre. En plus, les joueuses sont très mobiles et progressent très vite en attaque comme en défense. Ce sont ces deux styles de jeu que nous devrons surmonter. Nous avons donc modifié le contenu de nos préparations pour nous arrimer et voir comment jouer face à ces équipes sans êtres ridicules.

Quel sera le plus de ce regroupement polonais ?

En Pologne, nous allons non seulement pour l’acclimatation, mais également pour livrer de nombreux matchs amicaux avec des  équipes d’un certain niveau. Nous y allons également pour que ces enfants s’accommodent aux infrastructures. Les infrastructures changent considérablement. Nous devons donc surmonter le contexte camerounais et nous adapter.

Avez-vous l’impression de bâtir un groupe fort autour de cette jeune équipe qui s’apprête à participer à une phase finale de championnat du monde ?

Globalement, l’équipe essaie de gagner en expérience au fil des regroupements. Des joueuses gagnent en maturité et, depuis 2013 où nous avons eu 20 jours de préparation pour conduire l’équipe à la coupe d’Afrique des nations en Algérie en 2014, je crois que tout va crescendo. Nous étions 7e lors de la compétition avant de gagner la 3e place à la CAN où nous obtenons notre qualification pour le championnat du monde. Nous étions deuxièmes aux Jeux Africains en 2015 et troisièmes aux Jeux de la Solidarité islamique. Globalement, les joueuses de 2013 qui ne répondaient plus à la nouvelle philosophie ont été remerciées. Celles qui ont pu résister sont encore là. En moins de trois ans, nous avons réalisé un progrès considérable en Afrique. Nous espérons faire mieux que ces années là en essayant de rôder cette équipe nationale dames afin d’avoir sur la durée, des jeunes filles qui jouent très bien au handball au Cameroun. Nous avons commencé en 2013 avec des joueuses au gros gabarit parce que ce sont elles que nous avions trouvé et nous ne maîtrisions pas le fichier national et professionnel.  Mais la nouvelle philosophie de jeu à savoir une défense offensive, agressive autour de la porteuse de balle adverse, il faut des filles fines puissantes et véloces, qui peuvent se mouvoir très facilement sur le terrain. Nous sommes partis des gros gabarits à des gabarits plus fins et grands de taille.

Des recrues en perspective ?

De nouvelles joueuses arrivent. Les portes de la sélection sont ouvertes. Nous allons accueillir Lisa Atangana Belibi qui joue en France. Nous aurons aussi Fabiola Makamté, nous avons des joueuses locales comme Mfomo et Ntouba qui vont rejoindre le groupe pour la préparation.

Interview menée par PA

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