Championnat d’Elite: La rentrée des supporters

Samedi 23 mars 2019 au stade Matéco de Yaoundé,  huit équipes ont repris le chemin des terrains du championnat sous les regards des supporters. Les recrues AS Vitasport de Yaoundé,  Mvila handball d’Ebolowa et les six routiniers : Dynamique de Bokito, DUCC de Dschang, FAP handball dames et messieurs, MINUH et YUC de Yaoundé ont une occasion de remporter un titre cette saison.

Samedi 23 mars 2019. C’est la rentrée des compétitions locales à la Fédération camerounaise de handball. A 9h, quelques joueurs, des gamins, des couples, des officiels se partagent l’entrée du stade Matéco au Complexe La Concorde de l’Université de Yaoundé I. Quelques véhicules sont garés passim. L’accès au site qui accueille trois des quatre rencontres de la première journée du championnat d’Elite dames et messieurs est gratuit. Quelques volontaires finissent d’astiquer le terrain de jeu. La mise en place elle aussi se fait au pas de course. Sur les visages de quelques joueuses et joueurs, des sourires radieux. On a le temps de faire la causette. Certains n’hésitent pas à ouvrir tout grand les yeux avec attention et étonnement parfois. Eux, c’est les tous nouveaux. Vêtus de jaune, ils viennent de la ville d’Ebolowa dans la région du Sud Cameroun. Pour le groupe, c’est la première fois à Yaoundé pour une compétition. Tout semble nouveau pour le groupe.

Formalités d’usage, début de la rencontre. Déjà du brouhaha dans les gradins. Ludovic Tanfa, inconditionnel, rase les gradins du Matéco depuis 7 ans. Par cœur, il connaît l’histoire des arbitres, des encadreurs, des joueurs… qui ont défilé sous ses yeux. Il connaît aussi l’ADN des joueurs.  Passionné de handball, c’est l’athlétisme qui occupe ses journées de compétiteur dans les rangs de Camerounsports Athéltisme. Il s’entraîne pas loin du site des rencontres.Ludovic Tanfa ne cache pas son penchant pour la discipline. Et dans les gradins, sa voix porte plus que toute. « L’enfant là  te fait cela ? Ayooooooooo ! », la phrase est balancée à l’endroit d’un joueur de AS Vitasport qui s’est fait dribbler par Idriss Menye, demi-centre de Mvila handball d’Ebolowa. Les onomatopées ne manquent pas à l’appel. Le spectacle semble plaire  à la bande à Ludovic Tanfa. Avec six autres copains et quelques connaissances, il décortique chacune des actions, conteste parfois des décisions du binôme des juges arbitres, chahute les officiels chargés de tenir la table dont le secrétaire et le chronométreur. Entre deux mots, la bande lance des paris pour meubler le séjour dans les gradins du stade Matéco de Yaoundé. AS Vitasport de Yaoundé s’impose naturellement contre Mvila d’Ebolowa par 39 buts à 26. « C’était très attrayant malgré les déchets présentés par l’une ou l’autre équipe. Les passes, les buts, la  gestuelle des joueurs, tout était dans l’esprit du handball et j’ai adoré. J’ai vraiment passé un beau moment », se satisfait l’accroc.

Les matchs s’enchaînent. Là, c’est le derby féminin entre FAP de Yaoundé et Dynamique de Bokito. Les joueuses ont rejoint les espaces d’échauffement. Les deux équipes sont qualifiées pour le 35e Championnats d’Afrique des clubs vainqueurs de coupe prévu à Oujda au Maroc. Le groupe de supporters très excité d’assister au derby féminin. FAP VS Dynamique de Bokito, c’est désormais des grands matchs, des rencontres à ne pas manquer.  « Cette rencontre permet de voir un niveau un peu plus relevé de jeu. Mes coéquipiers et moi, dégustons avec appétit ce qui est rendu. Je suis le premier heureux. Vous voyez la 14 de FAP (ndlr, Jasmine Yocthoum, pivot de FAP handball), elle donne l’impression d’être née avec le ballon dans la main. Avec des matchs comme cela, j’ai toujours hâte de me retrouver aussi », explique Ludovic Tanfa.  C’est que, la rencontre a tenu en haleine. Les retournements de situation aussi. La victoire de Dynamique de Bokito sur le fil (19-20) permet au public de souffler en attendant la fin de la journée. Pour un supporter, suivre un derby en compétition aura toujours ce piquant qui fait la saveur des choses. Ludovic Tanfa garde la même place assise. Il passe ses journées ainsi depuis sept ans. Match, après match, il est comme insatiable en attendant la journée suivante.

Angèle BEPEDE

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