CAN (D) 2018: “ Je suis une machine défensive ”

Interview décalée avec Jules Sidony Mpay Sinkot, internationale de handball féminin du Cameroun, en stage avec la sélection nationale en vue de la CAN prévue du 2 au 12 décembre 2018 au Congo.

Raccourci

Age: 29 ans

Née: 17 mai 1989 à Douala

Taille : 187 cm

Poids : 90 Kg

Poste: Pivot

Main: Droite

Parents : Salomé Mpay (mère), Isaac Gilbert Sinkot (père)

Clubs : DGSP du Congo, Cara Club du Congo, Progresso d’Angola, Fondation André Nziko de Yaoundé et  Fap de Yaoundé

Etudes : Probatoire D

 

Quels souvenirs gardes-tu de ta première fois en sélection seniors dames, c’était en 2015 ?

C’est une toute petite histoire. J’ai été contactée par la Fédération camerounaise de handball. J’étais partie de Fap de Yaoundé où j’étais l’une des plus jeunes joueuses. J’ai été très bien encadrée par les anciennes. Après des contacts avec plusieurs clubs, je signe en Angola, à Progresso. C’était une façon pour moi d’aller apprendre, de me mettre à l’école angolaise et de ramener ces enseignements au service du Cameroun. Donc, le fait de jouer dans ce pays a forcément eu, d’après moi, une incidence sur le choix porté sur ma personne. Cette année-là marque une grande année pour nous. Le Cameroun se retrouve en finale des Jeux africains et dispute la finale contre l’Angola. Une finale que nous perdons aux prolongations. Je vais vous surprendre. A la fin, le coach des Angolaises, surpris, est venu féliciter nos encadreurs parce que l’Angola a paniqué pour la toute première fois de son histoire en finale.

Est-ce que la sensation de ta première fois chez les Lionnes t’anime ce jour à quelques semaines de la CAN au Congo ?

Ah ça, j’y pense vraiment. Nous étions si proches en 2015 aux Jeux Africains, si proches d’écrire une belle histoire pour le Cameroun. Vous imaginez bien donc que cette CAN est un peu une espèce de revanche pour chacune d’entre nous où nous tenterons de briser le signe Indien. Nous en avons vraiment besoin. Avec mes coéquipières, on veut se battre  jusqu’au bout de nos efforts. Battre l’Angola est un rêve pour chacune de nous.

Lorsque tu voyages, quel matériel emportes-tu  systématiquement?

Mes tennis d’abord. Je ne me déplace jamais sans ma paire de tennis de préférence des Nike parce que j’adore les modèles de ce fabricant, le style, le design. Je n’ai aucun contrat avec Nike mais j’ai toujours et toujours des tennis Nike. Outre mes tennis vous verrez dans mes effets ma corde à sauter et ma corde à étirement. Je peux tout oublier mais pas ce matériel-là.

Tu es quel type de machine sur le terrain ?

Je suis plus une machine défensive qu’autre chose. Je tiens cela de mon papa, Isaac Gilbert Sinkot, ancien international de football. Je tiens beaucoup de lui. Je suis sa seule fille sportive. Quand on parle de moi on me dit toujours que me voir jouer en défense, rappelle mon papa. Le ballon peut passer, mais l’adversaire ne passera pas. En attaque, mon gabarit joue beaucoup.

Quelle est ta devise?

Ma devise est : se battre jusqu’au bout, peu importe les obstacles.

Quel est le métier que tu voudrais pratiquer ?

Après ma carrière sportive, je voudrais être coach, entraîneur de handball.  C’est ce qui m’obsède en ce moment. Je voudrais le faire et ouvrir une école d’entraînement.

Dans le handball africain et mondial tu dois avoir à chacun de ces niveaux une équipe de rêve ; quelle est-elle ?

Sans hésiter, en Afrique je dirai l’Angola et dans le monde, je vais parler de la Norvège et de la France. Voilà les équipes qui me fascinent, chacune à sa manière. Ce sont des équipes que j’aime bien.

Tu as fait un bout de chemin dans ta carrière. Quel est le meilleur conseil qui t’a été donné en tant que joueuse de handball ?

Le meilleur est de travailler jusqu’au bout, atteindre ses objectifs, donner le meilleur de soi et être discipliné. Voilà ce que l’on m’a dit en premier quand je commençais et cela m’est martelé encore et toujours. Ça se résume à être disciplinée et travailler dur.

Dans le handball, que détestes tu le plus d’autant plus quand un regroupement est annoncé ?

(Sourire). Ce que je déteste le plus, sans hésiter, c’est la préparation physique. Vous n’avez pas idée de combien ça peut être éprouvant et lassant aussi. Dès que cette période passe, cela devient plus facile pour entamer une bonne saison. Mais on a toujours besoin de cette préparation physique pour arriver au bout de l’effort, pour atteindre ses objectifs de jeu.

“Placer la patrie au-dessus de tout

Que promets-tu aux supporters camerounais à quelques semaines de la CAN ?

D’abord, si je suis retenue parmi les joueuses qui représenteront le Cameroun au Congo pour cette coupe d’Afrique des nations, je promets aux supporters de mouiller le maillot, de donner  le meilleur de moi et de défendre les couleurs de cette patrie. Tout cela se résume  à donner le meilleur, mouiller le maillot et faire mieux que lors de la dernière CAN en plaçant la patrie au-dessus de tout.

C’est la fin d’année, quel est le cadeau méga génial auquel tu penses ?

Pour cette fin d’année, c’est d’abord le trophée. Seul le trophée peut être bon pour moi. Cela représenterait peut être ma fin de carrière. J’ai besoin de me lancer dans certaines activités comme par exemple reprendre mes études, faire une formation en entraînement, penser à ma reconversion quoi !

Tu as dois avoir une destination de voyage idéale…

La destination de voyage idéale pour moi c’est la France parce que j’ai une grande partie de ma famille dans ce pays. Là-bas, je m’y retrouve, je me ressource. Le lien familial  est très important et sacré pour moi. Quand je fais ces voyages pour la France surtout avec mon papa, rien n’a plus d’importance à mes yeux à l’instant.

Quelle est ta passion en dehors du handball ?

Ma passion à coup sûr, c’est le football. Si je devais être une autre personne, je serai une footballeuse professionnelle aujourd’hui.

Quelle  joueuse serais-tu si tu n’étais pas Sidony Sinkot ?

Je serai Abo Yoyo  (NDLR, Aurore Dooh Soppo) du TKC. Avec son gabarit, cette joueuse savait s’imposer. Elle faisait des choses merveilleuses. Je l’ai souvent vu jouer au stade Ngodi, c’était du spectacle.

Entretien conduit par Angèle BEPEDE

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